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Décennie M6

10 ans déjà !  L’heure de la fête a sonné pour Mohamed VI, roi du Maroc, celle du bilan aussi. Premier pays d’immigration, la France recense 1,2 millions de sujets de Sa Majesté. Loin du Maroc, M6 est-il ce roi qui monte, qui monte ? Les marocains de France jugent leur monarque.

Vive le roi !

Mohamed VI
Au marché de Barbès, le discours est unanime, un leitmotiv : « Notre roi, c’est notre roi, nous sommes fiers de lui et nous aimons notre pays ». CQFD. Attachement fort à la monarchie oblige à moins que ce ne soit de la réticence. Anis, 30 ans, se risque à brosser un tableau moins dithyrambique sous couvert de l’événement: « tout le monde est heureux, les festivités de  juillet s’annoncent bien même si tout cet argent, c’est un peu du gaspillage, mais ça ne change rien, c’est un très bon roi ».

Le roi des pauvres

La bonté, Mohamed VI l’incarne dans le cœur des marocains de France. Son appétence pour la question sociale lui vaut l’épithète de « roi des pauvres ».  Sa proximité, son souci de la population font de lui un homme aux prises avec son temps. Le sociologue Adil Jazouli note sous le règne de M6 une mutation : «on est passé d’un système de charité à un système de solidarité pour de bon. Un grand nombre de mécanismes européens comme la protection sociale fait son apparition au Maroc ».

Un roi-citoyen

Modernité aussi de cette figure royale qui aime à se comporter comme un homme ordinaire. Le politologue Mohamed Tozi  souligne l’importance de la sphère privée pour le monarque : « Hassan II était le roi du Maroc partout et toujours, Mohamed VI, lui, est roi aux heures ouvrables !»Mohamed VI Un monarque qui s’arrête au feu rouge, qui achète une glace à son fils, qui présente publiquement son épouse, une roturière qui plus est, c’est du jamais vu au Maroc. Au delà de la res privata, Mohamed VI a su impulser des modifications profondes au sein de la monarchie marocaine. Si Hassan II lui a légué un Maroc pacifié, qui fonctionne, son fils a œuvré pour une plus grande démocratisation du régime. Preuve en est : la place des femmes« L’émergence de la femme au Maroc est réelle, précise le journaliste Hamid Barrada, le roi les a fait entrer en politique en imposant un quota de 12%. D’ailleurs, depuis quelques jours, Marrakech a pour maire une femme, Fatima Zahra Mansouri. » Mohamed VI est même qualifié de « féministe ». En réformant la Moudawana, code de la famille, en supprimant la répudiation et en mettant fin au patriarcat, le roi redore le statut de la femme traditionnellement limité dans un pays musulman. L’avis des femmes marocaines en France varie sensiblement sur cette question : « oui, les droits des femmes au Maroc évoluent, mais pas assez rapidement et équitablement. Le contraste entre la vie en France dans un état de droit et la vie là-bas est bien trop net. Le roi a montré des signes forts mais c’est encore insuffisant » confie Zia, étudiante à Paris.

Retour dans le temps


Mohamed VI apparaît également comme l’homme de la réconciliation. Le Maroc n’est pas un pays amnésié, loin de là. « Reconnaître sur la place publique, via des témoignages télévisés, les répressions, les emprisonnements, la torture sous le règne de son propre père,  Hassan II, est un geste fort, un symbole » déclare Driss Yazami, ancien opposant au régime condamné à mort et actuel président du Conseil de la Communauté Marocaine à l’Etranger. La création de l’Instance Équité et Réconciliation assure au pays sa catharsis et permet par là même de relégitimer la monarchie. Le roi est perçu comme l’instigateur pacifique de ce grand débat: d’une mémoire réveillée, le Maroc construit son Histoire.

Simulacre ?

Les détracteurs de Mohamed VI sont peu nombreux. Sa prétendue homosexualité relayée timidement ici et là est un épisode dépassé. Sa tendance à la colère quant à elle reste d’actualité. Ses proches collaborateurs en font les frais à tel point qu’on raconte que le palais s’est progressivement vidé de ses cerveaux. Autre facette : le petit côté people bling-bling de Sa Majesté, surnommée un temps Majetski pour son goût des engins aquatiques vrombissants. Pendant ce temps, la façade du Maroc reste impeccable et Adil Jazouli de conclure :  « Nous savons apprécier le chemin parcouru grâce au roi, on revient de loin même s’il reste beaucoup à faire ». On n’en doutait pas ….

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Discussion

5 commentaires !

 
  1. Proposé par Vianney | juillet 20, 2009, 21:20

    Arsène est de retour, yo !
    Pour ceux que le sujet intéresse, il y a un bon dossier sur M6 dans le dernier Marianne.

  2. Proposé par Coccinelle | juillet 24, 2009, 11:10

    Ah super enfin de retour, le blog qui a peine né était en lien sur les blog qui compte sur le site de Centre-Presse… étonnant…

  3. Proposé par FMB | août 4, 2009, 11:17

    Quel bel article pour fêter cette grande chaîne télé ! Du pur journalisme politique !

  4. Proposé par Arsène | août 4, 2009, 12:11

    FMB, tu sors !

  5. Proposé par FMB | août 4, 2009, 22:32

    J’ai toujours trouvé les gens trop critiques vis à vis de cette chaîne. On la retrouve ici à sa juste place, avec un éloge pas du tout forcé, agrémenté même de quelques réserves. Loft Story ou Popstars ont été des précurseurs de la télévision du XXIème siècle. Ces émissions durent à la pointe, que dis je, à l’avant garde de la production télévisuelle de leur temps. ELles ont changé littéralement le regard du spectateur sur l’objet télévisuel contemporain et même – oserai je ? – postmoderne. Cette châine a été la première à employer des jeunes issus de l’immigration, tel le grand animateur Cyril Hanouna, qui figure parmi les fortes personnalités du paysage télévisuel actuel. LOngue vie à sa majesté télévisuelle, longue vie à Buffy contre les vampires, longue vie à la pensée bling préadolescente, VIVE M6 !

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