A l’issue d’une tournée de plus d’un an, Etienne Daho a donné son 86e concert mardi soir à Poitiers. C’est sur la scène du TAP qu’il s’est produit.
Très honnêtement, c’est par curiosité qu’Arsène s’est laissé entraîner à cette soirée. Etienne Daho, ça lui disait bien quelque chose mais pas tant que ça, à tel point qu’il se sentait incapable de donner un titre d’une de ses chansons ou même encore de fredonner quoique ce soit décemment !
Arsène est-il le seul de la place poitevine à méconnaitre ce chanteur des années 80 ?
À regarder le public dans la salle, c’était à croire que oui…. Certes, ce public était comment dire d’un âge plus avancé que moi ! Arsène devient mauvaise langue ! Il y avait également des jeunes gens, surtout des demoiselles massées devant la scène. A croire qu’un phénomène d’attraction inconnu les y incitait. Ce phénomène tient en deux mots : Etienne Daho.
Arsène stigmatise ! Mais personne ne pourrait lui opposer que ce chanteur a fait monter dans les aigus la gente féminine déshydratée en faisant rimer « électrique » et « préorgasmique » ! Les hommes n’étaient pas en reste. Arsène serait-il insensible ? Non, c’est au bout de quelques chansons que le charme a opéré. Daho se distingue par un petit déhanché. Mains tendues, ouvertes, jambes fléchies, petite oscillation du bassin, c’est ça la base de la chorégraphie Daho ! Sa voix n’est pas étrangère non plus à l’envoûtement du public: un ton suave, chaud, enveloppant. La moustache d’Arsène en a frétillé. Avec tout ça, on comprend mieux le nom de la tournée: Obsession tour 2008.
On ne peut pas dire que Daho soit avare sur scène, malgré une voix affaiblie, le concert a duré pas moins de 2h30. Arsène, en bon observateur, émet une réserve quant à cette voix ! Il a en effet remarqué quelques décalages qui lui ont fait dire que Daho avait bénéficié sur certains titres d’un petit soutien, d’un playback. Après le Fiat lux, le Fiat vox ! C’est magique ! Et pour un chanteur de cette génération, le playback, ça le connaît. Enfin, Arsène dit ça, Arsène dit rien ! Etienne avait certes des circonstances atténuantes, une bonne crève, ça handicape. Sachez au passage que Daho a joué à Poitiers contre les indications de son médecin. Arsène s’est vu confirmer l’information par le beau cinquantenaire en personne. Bref, il n’en reste que Daho, accompagné sur scène de 7 musiciens, d’un jeu de lumière dynamique, a emporté toute la salle avec lui ce soir-là.
Cerise sur le gateau: deux duos ! Le premier in praesentia et le second in absentia ! 
L’icône pop a soigné sa fin de tournée en invitant une guest avec laquelle il a connu le temps d’une chanson un grand succès. C’est Dani qui est venue le rejoindre pour interpréter Comme un boomerang. Disons que la version proposée a été comment dire … quelque peu loupée ! Dani avait en effet l’air bien fatigué… .
En évoquant le fumeur de Gitanes et en annonçant le titre If, le public poitevin a frissonné, pensant un instant que Charlotte Gainsbourg serait également devant eux ! Elle l’était mais sur un écran !
Pour les incultes, comme Arsène, qui ont vainement feint d’articuler les tubes d’Etienne (sur If, c’est un jeu d’enfants, enfin, je parle des rimes !), Daho, c’est…. C’est la question qu’Arsène a posé à la sortie du concert ! Et croyez-moi, c’est risqué de poser une telle question ! Réponses en vrac: « Week-end à Rome voyons ! » ou encore Le premier jour, Epaule Tatoo, Comme un igloo et caetera et caetera …
Si Arsène devait donner le titre de sa chanson préférée lors de ce concert, ce serait sans aucun doute Sur mon cou. 
Initialement, c’est un poème de Jean Genêt composé à la maison d’arrêt de Fresnes, suite à une incarcération pour de menus larcins. Il a été mis en musique par Hélène Martin et c’est fréquemment que Daho le chante sur scène. Ce texte vaut le détour, il s’intitule, dans les carnet de Genêt, Le Condamné à mort. On entrevoit ainsi mieux, par le choix d’un tel titre en concert, la dimension poétique de Daho, dont le dernier album se nomme L’invitation.
En rédigeant cet article, Arsène a ainsi eu l’occasion d’en apprendre davantage sur cet écrivain controversé et torturé. Merci Etienne !
quoi ! que lis-je ? nos héros sont fatigués ? trop dur ! merci Arsène d’atténuer mon désarroi de fan de n’avoir pu assister à ce concert…les auteurs résistent heureusement par leurs oeuvres dans la tête de ceux qui les ont aimés…au moment où ils les ont aimés…
« Week-end à Rome » et ce léger balancement des hanches minces du bel Etienne, sensualité garantie de sa voix (masculinité sensible, vulnérable) font le souvenir d’une belle époque… Allez, foin de nostalgie ! vous nous y encouragez : « les souvenirs sont cors de chasse dont meurt le bruit parmi le vent », disait Apollinaire !… et aujourd’hui, alors, pour accompagner nos amours actuelles, futurs souvenirs, quels concerts le TAP va-t-il nous proposer que vous nous raconterez, fidèlement et toujours sans concession, cher Arsène ? On vous attend impatiemment !
bien à vous, fan en ligne, Kératine