Décidément, si le temps n’est pas très clément avec nous en ce moment, le cinéma fait tout ce qu’il peut pour nous réconforter ! Après l’excellent Burn after reading des frères Coen, c’est au tour de la réalisatrice Agnès Varda de nous présenter une forme peu commune: un autoportrait.
C’est par cette phrase que débute le film. Apparaît alors à l’écran, marchant sur la plage, une petite bonne femme sans âge, à la coupe de cheveux étonnante, qui déroule le fil de sa vie avec une tendre nostalgie.
Agnès Varda, à n’en pas douter, a eu une de ces vies incroyables, faite de rencontres étonnantes. L’évocation de Jean Vilar, de Jim Morisson, d’Harrison Ford, de Gérard Philipe peut aussi laisser rêveur.
La cinéaste ne se contente pas de nous conter de façon linéaire son existence par le biais de photos, de vidéos témoignages, elle nous fait entrer peu à peu dans sa douce rêverie grâce à des mises en scène sorties de son imagerie personnelle. Difficile de résister à cette petite dame tant son regard sur ce qui l’entoure est empreint d’une fraîcheur enfantine.

Agnès Varda débute son voyage initiatique dans sa maison d’enfance, à Bruxelles où elle est née en 1928. L’univers maritime, la plage, la mer seront une sorte de toile de fond de sa vie entière: du bateau sur lequel elle a grandi à Sète, à sa fugue en Corse où elle remaillera des filets de pêche en passant par l’île de Noirmoutier qui lui tient tant à cœur.
Dans ce documentaire, elle pose aussi la question de la mémoire, thématique centrale dans toute production centrée autour du moi. Son œuvre est morcelée, constitué d’éléments hétérogènes qui s’assemblent tel un puzzle. Elle louvoie ainsi de souvenirs en souvenirs, de portraits d’amis en portraits d’amis pour mieux s’appesantir sur celui qu’elle regrette tant: Jacques Demy.
Et si, à votre tour, vous veniez vous promener sur les plages d’Agnès ? Hâtez-vous, il ne restera pas éternellement à l’affiche !
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