« Il a le physique de Richard Gere, le mental de Tom Cruise, la tendresse de Johnny Depp et le côté BC-BG de Hugh Grant ». Jacques Séguéla ne tarit pas d’éloge sur Jean Sarkozy. Le gendre idéal en somme que la famille Darty a accueilli en son sein le 10 septembre 2008. Paparazzi, Une des magazines people, le publicitaire ne se trompe pas, Jean Sarkozy a bien des atouts pour booster les ventes des tabloïds français. Et l’opposition d’en sourire.
Les mines se font plus grimaçantes quand « Prince Jean » entre dans la cour des grands sans complexe. Plus question de faire de la figuration sur les marches de l’Elysées au côté de son Président de père. Le maître mot : l’action. Jean Sarkozy est un homme pressé, précoce. Abolie avec lui la figure de l’homme politique poussiéreux qui s’endort au Sénat. Il est l’incarnation vivante que la jeunesse est loin d’être un obstacle en politique. Sa belle-mère, Carla Bruni-Sarkozy et son parrain, Brice Hortefeux viennent à sa rescousse en vantant « sa maturité ». Et à ses détracteurs, il a une réponse toute faite, qui ne souffre pas de critiques : « La valeur n’attend pas le nombre des années ».
Son itinéraire politique se distingue par sa brièveté et son éclat. Il s’engage en février 2008 sur la liste de David Martinon pour les municipales à Neuilly. L’ex porte-parole de l’Elysée n’a pas le vent en poupe dans les sondages, le fils du chef de l’Etat quitte précipitamment le navire et part à l’abordage des cantonales. Le « fiston à piston » comme le nomme Libération (10 octobre 2009) sera élu conseiller général UMP des Hauts-de-Seine en mars 2008. Exactement comme papa quelques années plus tôt. De cette élection, il tire sa légitimité. En juin 2008, ce médiocre étudiant en droit prend la tête de la section UMP Nouveau Centre de Neuilly-sur-Seine. L’enfant prodige n’en est pas pour autant rassasié. L’esprit du Baron de Coubertin l’anime : « Plus vite, plus haut, plus fort ». En octobre 2009, il dégaine plus vite que son ombre et brigue la direction de l’EPAD, tentative que beaucoup qualifient de « hold-up ». Au sein de sa propre famille politique, le malaise s’installe. Le soupçon de népotisme est explicite.
Tant que le dauphin jouait dans la circonscription paternelle, tout allait bien, mais le voilà sur le point d’être propulsé à la tête d’une puissance financière. « Des requins » déclare-t-il dans une interview donnée au magazine Le Point. Son manque d’expérience, il la balaie d’un revers de main. Selon lui, seul son patronyme est en cause : « J’ai compris que lorsqu’on s’appelle Sarkozy, les choses sont parfois plus difficiles. » Quand être bien né devient une tare. Une déclaration qui aurait de quoi faire se retourner Figaro dans sa tombe.
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